Marion ~ Quand souffle le vent du nord

Quand souffle le vent du nord est un livre autrichien, rédigé à l’origine en allemand, donc, par Daniel Glattauer. On pourrait le qualifier de roman épistolaire « moderne ». En effet, il narre la relation d’Emmy et de Léo à travers leur correspondance par mails.
J’ai lu ce livre en très peu de temps, deux ou trois jours, et je me souviens du mal que j’avais pour m’arrêter dans ma lecture. Pourtant, le sujet n’est sûrement pas l’un des plus originaux ; une femme mariée qui se demande si elle n’est pas en train de tomber amoureuse de ce mystérieux interlocuteur avec qui elle échange des mails sans s’arrêter – bien que cette phrase soit presque insultante pour l’histoire, telle que je l’écris là, sous-entendant la tromperie, ce qui n’a pas lieu d’être pensé, et dénuée de détails. Mais pour moi, c’était une première lecture de ce sujet, qui, dans ce livre, avec l’apport de la modernité, et ce discours écrit, mais direct, est très touchant.

 

4954543566f69b6c33a3

 

J’ai terminé le récit tard dans la soirée ; le sommeil fuyait, et puis il était si passionnant ! Vous savez ; c’était un de ces livres qu’on ne lit, mais qu’on avale, un de ces livres qu’on lit à toute vitesse, jusqu’à ce que nos yeux deviennent fous de passer d’une ligne à l’autre si rapidement. Et puis pendant ces jours-là, j’avais besoin d’un réconfort, que je trouvais dans ce livre-là, en quelque sorte. Et puis, je lus les dernières phrases, et … ce fut vide. C’était fini, et ça m’avait laissé une impression toute drôle. Une trace dans ma tête, quelque chose de très fort. Ce n’était pourtant pas une histoire si profonde que ça, il n’y avait ni philosophie, ni quête existentielle, ni sublime – ou du moins je suis passée à côté – mais il y avait les émotions, les relations, ces choses compliquées de l’humain. Et c’était peut-être ça qui remuait les entrailles avec cette force. Ou la force elle-même, ou une overdose de lecture. Le fait est que j’ai beaucoup réfléchi ce soir-là, au livre, oui, mais à ma situation aussi, relativement noire et douloureuse, que j’ai fait mes choix, abandonné certains points, accepté d’autres, refusé enfin ces maux et que je me suis endormie, changée. Pas tout à fait distinctement, mais j’ai compris des choses et en ai intégré d’autres. Une rupture a été marquée, et par ce livre. Je me dis souvent que c’est grâce à lui que je suis heureuse, d’un certain point de vue. L’adolescence continuait, mais c’était différent, quelque chose avait été relégué ailleurs. J’ai laissé des choses à côté et me suis préparée à apprendre ce qui viendrait ensuite. Et c’est un peu grâce à Quand souffle le vent du nord que Morwën (ndlr : pseudo qu’utilise Marion pour son activité de photographe amatrice) est née, et est restée ici.

Bien sûr, le livre n’a pas tout fait. Je pourrai mentionner une chanson (Radio / Video de System Of A Down, allez écouter si vous ne connaissez pas, elle est géniale), la fatigue, les changements de la personnalité, l’art, les gens, aussi. Mais c’est lui qui marque la fin, et le début après ça. C’est grâce à lui que le combat a commencé, sans plus faillir, jamais.

Marion

Vous aussi, vous voulez témoigner au sujet d’un livre qui a changé votre vie ? Alors contactez-moi !

Coralie ~ No et moi

Aujourd’hui, mon amie Coralie vous parle de sa surdouance et de son parcours…

No et moi.

Derrière ce titre se cache le livre qui a changé une bonne partie de ma vie et ma manière de voir les choses. Ce n’est pas un livre parlant de la vie, de coaching, non c’est un simple petit roman.

Ce livre écrit par Delphine de Vigan raconte l’histoire d’une adolescente, Lou, qui rencontre No. No est sans abri, a peine plus âgée qu’elle. Lou veut alors absolument la sauver de sa situation. J’ai acheté ce livre après avoir lu cette citation : « Depuis toute la vie je me suis toujours sentie en dehors, où que je sois, en dehors de l’image, de la conversation, en décalage, comme si j’étais seule à entendre des bruits ou des paroles que les autres ne perçoivent pas, et sourde aux mots qu’ils semblent entendre, comme si j’étais hors du cadre, de l’autre côté d’une vitre immense et invisible. »

Ces quelques mots ont parfaitement résumés ma situation de l’époque et ce sentiment si étrange que j’ai souvent vécu, se sentir seule tout en étant entourée. Cette solitude au milieu des autres.

No-et-moi-Delphine-de-Vigan

En effet le personnage principal, Lou, est surdouée. J’ai également été diagnostiquée surdouée plus jeune. On m’a fait sauté une classe et puis voilà. Comme si la surdouance c’était juste être un peu précoce. Quand j’ai lu ce livre, je me suis retrouvée tellement touchée par certaines phrases…. Cela me frappait en plein cœur.

« Je voudrais seulement être comme les autres, j’envie leur aisance, leurs rires, leurs histoires, je suis sûre qu’ils possèdent quelque chose que je n’ai pas, j’ai longtemps cherché dans le dictionnaire un mot qui dirait la facilité, l’insouciance, la confiance et tout, un mot que je collerais dans mon cahier, en lettres capitales, comme une incantation. »

« Dans la vie il y a un truc qui est gênant, un truc contre lequel on ne peut rien: il est impossible d’arrêter de penser. Quand j’étais petite je m’entraînais tous les soirs, allongée dans mon lit, j’essayais de faire le vide absolu, je chassais les idées les unes après les autres, avant même qu’elles deviennent des mots, je les exterminais à la racine, les annulais à la source, mais toujours je me heurtais au même problème: penser à arrêter de penser, c’est encore penser. Et contre ça on ne peut rien. »

Cela résumait ma surdouance, ma différence que je vivais sans être capable de mettre des mots dessus, mes difficultés familiales. Je n’ai jamais été aussi touché par un livre… Ces phrases je les connais quasiment par cœur, elles ont provoqué un tel déclic chez moi.

Après avoir lu ce livre, je me suis renseignée, j’ai lu sur la surdouance. J’ai appris que c’était bien loin de ce que je pensais, loin de ce que l’on m’avait dis. Je pensais « avoir de l’avance ». C’est stupide. Être surdoué c’est penser différemment. C’est avoir les pensées qui s’organisent différemment, pas de manière linéaire mais dans tout les sens. C’est être réceptif à tout les stimuli extérieurs, c’est être hyper sensible, être envahi d’émotions constamment. Avec l’impossibilité d’appuyer sur le bouton pause.

Je me suis toujours sentie en décalage, seule au milieu de tous. Amie avec des plus grands que moi, à parler des heures avec des « vieilles personnes » plutôt que d’aller jouer, à collectionner les livres, à aller à la bibliothèque après les cours avec ma carte et celle de ma mère pour emprunter plus… A vouloir créer, m’exprimer. Puis avec le collège, le lycée, je me suis vraiment sentie seule, de plus en plus. Ma manière de penser correspondait de moins en moins avec celle des études. Je n’avais jamais appris à travailler. Je me suis maintenue à la moyenne jusqu’à la fin du lycée. Je n’ai été prise dans aucune école avec mon dossier, j’ai atterri à la fac. Deux premières années loupées, un échec total. Une première relation sérieuse où je me suis transformée pour « être normale ». J’ai enlevé mes cheveux roux, j’ai mis des vêtements féminins, des talons, des extensions. Je voulais ressembler a ces jolies filles dans les magazines en pensant que peut-être comme ça je paraîtrai normale, je pourrai m’intégrer. Je suis devenue anorexique, je sortais avec mon copain et ingurgitait des quantités assez astronomiques d’alcool. Il m’a quittée, j’ai bu encore plus. J’ai cherché un sens à ma vie alors que je me sentais plus seule que jamais. Je me suis ré-orientée.

Et alors que tout allais mieux pour moi, chéri aimant, études qui m’intéressent malgré la difficulté d’avoir à apprendre à travailler, j’étais dépressive. J’ai lu ce livre. J’ai lu Trop intelligent pour être heureux. J’ai lu des blogs, j’ai même écrit le mien pendant une période.

Et lentement, grâce à cela, j’ai appris et compris que j’étais ainsi. Je l’ai accepté. Et j’ai essayé de m’apprivoiser. D’apprivoiser ce corps, cet esprit, ce visage. Comprendre cette hyper émotivité qui me faisait faire des crises d’angoisse interminables. Comprendre comment je réfléchissais. Ça n’a pas été magique, ça a pris bien un ou deux ans.

Mais je peux témoigner maintenant. Je sais qui je suis. J’ai eu un électrochoc en lisant la première citation que je vous ai écrite. J’ai compris que je pouvais mettre un nom là dessus, que je pouvais comprendre. Et maintenant, maintenant, je suis juste heureuse. J’ai compris que mon bonheur venait de moi, pas de mon entourage, de la longueur/couleur de mes cheveux, de mon poids sur la balance, de l’acceptation des autres. Mon bonheur, il vient de moi. De m’accepter moi même, d’être enfin en paix avec mon esprit et non pas en combat constant. Dans l’acceptation, j’ai appris à m’aimer. A aimer mon hyper émotivité qui maintenant, en l’exploitant, me permet de dessiner, de créer, de poser.

J’ai écrit cela d’une traite, il y a de grandes chances que mon texte soit décousu, comme mes pensées haha. Je veux juste que vous sachiez tous qu’il y a toujours de l’espoir, de la lumière. Et que chercher vainement à atteindre un objectif pour être heureux ne vous emmènera nul part. Le bonheur c’est juste d’être soi même et de s’accepter ainsi. De vivre, avec nos convictions, nos envies, malgré les on-dit, la société, le regard des autres.

Juste être soi et profiter, jour après jour.

Coralie

Vous aussi, vous voulez témoigner au sujet d’un livre qui a changé votre vie ? Alors contactez-moi !